1/09/2018

Dans le temps

En Europe, on est content de le constater, les libertés personnelles se portent plutôt bien, dit l'Avocate. Voyez les nouvelles lois allemandes sur les fake news, lois entrées en vigueur le 1er janvier. Les contrevenants s'exposent à des amendes pouvant atteindre plusieurs millions, voire dizaines de millions d'euros. L'arme absolue, quoi. Un certain nombre de sites ou pages d'Internet ont d'ores et déjà été fermés. D'aucuns évoquent la Stasi, l'ancienne police politique communiste en Allemagne de l'Est. Pourquoi, pendant qu'on y est, ne pas remonter un peu plus haut encore dans le temps? Pas trop haut non plus, quand même: juste un peu? On pourrait. On parle ici de l'Allemagne, mais la France n'est pas en reste. Là aussi, l'étau se resserre. Lors de ses récents voeux à la presse, le président a annoncé le prochain dépôt d'un projet de loi dans ce domaine. Après avoir supprimé l'Etat de droit en transférant l'ancien état d'urgence dans le droit ordinaire (c'est quand même plus confortable), le voilà donc qui enterre les derniers restes, en France, du droit à la liberté d'expression. On avait dit au printemps dernier* que la France était passée du régime du "prince-esclave" (d'une expression forgée, en 1941, par le P. Gaston Fessard à propos du régime de Vichy) à celui de l'administration directe (Direct Rule). Tout se déroule comme prévu.

* Voir "En marche (2)", 4 mai 2017.




1/01/2018

Toute cette harmonie

La musique fait parfois du bien à l'âme, dit l'Ethnologue. Autrement dit, procure du bonheur. En tout cas cette musique-là. Mais l'interprétation aussi compte. Il n'y a pas ici de chef, c'est le soliste lui-même qui tient ce rôle. La conduite d'orchestre naît ainsi de l'orchestre lui-même. On est en Norvège, ceci explique peut-être cela. Mais je dis des bêtises. La musique est une chose, la politique une autre. Toute cette harmonie, cette jubilation discrète. L'ardeur, à vrai dire la ferveur, que met chacun à jouer sa partition. L'attention bienveillante, parfois même admirative, portée à l'autre (au soliste en particulier). La joie dans certains regards. Certains échanges silencieux. L'amour se mêlant à tout cela. C'est de quoi parfois l'on rêve. Le bien commun comme symphonie. Une projection imaginaire, diront certains*. Soit. Mais cette vidéo nous en donne une image approchée. Dépêchez-vous donc de la voir**. Vous aurez ensuite envie de la revoir, et de la revoir encore. Mais trop c'est trop. Vous finirez par en avoir le sommeil troublé. Cela, il ne le faut pas. Que c'est beau. Quel génie aussi que le compositeur. Comment a-t-il fait pour écrire cette chose unique? Vous en aurez donc du bonheur, un bonheur qui ne guérit certes de rien, mais permet, momentanément au moins, sinon d'oublier, du moins de relativiser. On est au-delà.


* Voir "Trip to Asia", 2 novembre 2008.
** Joseph Haydn, Oboe Concerto in C major, Norwegian Chamber Orchestra, François Leleux. Sur Youtube.