9/17/2015

En pâmoison

Y penser toujours, n'en parler jamais, dit le Visiteur. Beaucoup de gens, bien sûr, y pensent. Mais en parler… Cela dépend, dit l'Avocate. Ici même, bien sûr, personne ne se risquerait seulement à aborder le sujet. Vous avez raison. Ailleurs, il en va différemment. Tenez: "Un projet de loi, qui doit être voté prochainement, prévoit que l'armée pourra être affectée à la protection de la frontière et qu'elle pourra même ouvrir le feu si nécessaire"*. Si vous le voulez, je vous relis la phrase. Bon, ce n'est ni la Carpe, ni Mme Merkel, c'est un peu plus à l'Est. Mais pas tellement quand même. Je ne voudrais pas dire de bêtises, dit l'Ecolière: mais ne sont-ce pas les mêmes, il y a une soixantaine d'années, qui s'étaient révoltés contre l'armée rouge? A l'époque, elle occupait la moitié de l'Europe. Attention, dit la Poire, l'armée rouge est une chose, l'… une autre. L'… est une ... de paix. En prime, il faut le dire, ils s'expriment plutôt bien, dit le Cuisinier: "Nous défendons deux mille ans de souveraineté"*. Comparez avec les autres, ces apprentis-dhimmis, baissant leur froc devant les ... Comment parlez-vous, dit la Poire. Pas devant moi, s'il vous plaît. Il y en avait un, l'autre jour, à l'Emission, dit l'Auditrice. Un capitaine de corvette, je crois. Très content de lui-même, comme il se doit. Il racontait ses hauts-faits en Méditerranée. Une sous-cheffe, en pâmoison, lui tenait le crachoir. C'est quoi une corvette, dit l'Ecolière? Leur point d'honneur spirituel, dit l'Ethnologue.

Le Figaro, 15 septembre 2015.

9/06/2015

Conséquences

Les Européens (tant de l'Est que de l'Ouest) ont une bonne expérience des Princes-esclaves, dit le Visiteur. A maintes reprises, également, dans le passé, ils ont eu l'occasion de se familiariser avec la trahison. Sauf, je pense, que ce à quoi nous assistons aujourd'hui va bien au-delà. C'est-à-dire, dit l'Etudiante? La trahison est une grille de lecture possible, dit le Visiteur: je ne dis pas le contraire. A mains égards, les Princes-esclaves ouest-européens actuels ressemblent aux personnages de Le Carré. Ce sont des "Joe". On pourrait aussi évoquer le film de Polanski, The Ghost Writer. On en parlait ici même l'autre jour. Mais il faut aussi tenir compte des conséquences. Quand, d'un trait de plume, les Princes-esclaves ouest-européens suppriment l'enseignement des langues anciennes dans les écoles pour les remplacer par l'… ou le ..., chacun comprend bien qu'on ne saurait purement et simplement les assimiler à des personnages de Le Carré. On change ici de registre. Même chose, à plus forte raison encore, quand ils s'activent pour accélérer la venue en Europe de millions de …, avec pour conséquence, à terme, l'… du continent. Le schéma d'ensemble, si l'on veut, est bien celui de la trahison, mais d'une trahison, quand même, unique en son genre (sui generis), puisque les Princes-esclaves ouest-européens ne font pas que trahir leurs peuples, ils trahissent la civilisation même dont eux-mêmes et les peuples européens sont issus. C'est une trahison à la puissance deux. Inédite aussi. Il n'y a pas de précédent. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.






9/05/2015

Risques

Certains disent que les gens se révolteront, dit l'Ethnologue. Personnellement je n'en crois rien. Quand vous avez acquis un comportement de gnou, il peut vous arriver n'importe quoi, vous garderez un comportement de gnou. Le cas-limite serait celui où les Princes-esclaves européens* (l'Invité, la Carpe, Mme ..., etc.), en viendraient à réquisitionner les logements vides, en attendant les autres, ceux qu'ils considéreraient comme insuffisamment occupés: maisons familiales, appartements, etc. A ce moment-là, peut-être, les gnous cesseront-ils d'avoir un comportement de gnou. Je ne sais pas. Les gens ont parfois des réactions imprévisibles. Les gens ont surtout peur, dit l'Auditrice. Vous avez vu le Journal. On ne peut plus aujourd'hui simplement parler de censure, de désinformation, etc. Cela va beaucoup plus loin. Les dirigeants ont compris qu'ils étaient à bout touchant, dit l'Ethnologue. Et donc ils mettent le paquet. L'intimidation fait partie du dispositif. Comme aussi la manipulation de masse. Il y a quand même aussi des voix discordantes, dit l'Auditrice. Ainsi, cette déclaration du premier ministre hongrois: "Aujourd'hui nous parlons de centaines de milliers, l'an prochain nous discuterons de millions et, d'un seul coup, nous nous retrouverons en minorité sur notre propre continent"**. Il prend des risques en disant ce qu'il vient de dire. Un anti-gnou, dit l'Ethnologue.

* Voir "Quelque part", 2 juillet 2013.
** Le Figaro, 5 septembre 2015.

9/01/2015

Bye-bye

Vous connaissez les chiffres, dit le Visiteur. Rien qu'en Allemagne, le nombre prévu des arrivées pour cette année (2015) est de 800'000*. Et ce n'est encore que le chiffre officiel. Le chiffre réel est forcément différent: le double, peut-être. Une simple règle de trois, et vous avez les chiffres pour la Suisse, la France, l'Autriche, etc. Pour la Suisse, par exemple: 160'000 arrivées. Ce qui n'empêche pas le pape d'en appeler à davantage encore de solidarité. Machiavel avait raison: le pape de Rome est bien la dernière instance sur laquelle on puisse compter pour défendre les libertés européennes. Elargissons la perspective, dit l'Avocate. Ce qui se déroule aujourd'hui sous nos yeux est la résultante d'une situation qui s'est elle-même mise en place à partir de la décision américaine, en 2003, d'envahir l'Irak. Puis il y a eu la guerre en Syrie. On se demandait alors: pourquoi ces guerres stupides (et en plus criminelles)? C'est quoi, l'objectif? Qu'en est-il aussi du soutien, désormais affiché**, des Etats-Unis à l'EI: organisation, très probablement, qu'ils ont eux-mêmes créée de toutes pièces, avec l'aide de leurs alliés séoudiens, turcs, qataris, etc.? On a aujourd'hui la réponse: bye-bye Europe. Ce qu'on peut aussi traduire par: Fuck the EU***. On dira que les Américains n'ont pas forcément voulu ce qui se passe aujourd'hui. Le problème est qu'on ne voit pas trop ce qu'ils auraient pu vouloir d'autre.

* Le Figaro, 20 août 2015.
** Déclaration du président Obama en date du 7 juillet 2015 (https://www.youtube.com/watch?v=mOYm CCxxKk).
*** Propos tenus en février 2014 par la sous-secrétaire d'Etat américaine en charge des affaires européennes, Victoria Nuland (voir "A l'agonie", 4 mars 2014).