11/22/2016

Propositions

Soit, dit l'...: vous avez décidé de vous passer de téléphone. Et après? L'étape suivante, vous la connaissez comme moi: ce sera la monnaie numérique. A la gare, par exemple, en lieu et place des guichets actuels, il y aura des bornes électroniques. Vous ferez quoi alors? Reculer, en soi, c'est très bien. Je ne suis pas contre. On recule, on recule encore, sauf qu'à un moment donné, on se retrouve le dos au mur. C'est ce que je veux dire. Les Scythes*, à ce que je sache, ne se sont jamais retrouvés le dos au mur, dit l'Ethnologue. Ils disposaient de beaucoup d'espace, dit l'... Nous, de beaucoup moins. Vous avez vu les dernières propositions de Mme …: celles visant à un meilleur contrôle des médias à l'échelle de l'Union européenne? Ou encore, en France, la loi dite "Egalité et citoyenneté"? C'est vraiment l'Etat total. Et en même temps, comme vous le voyez, tout part en petits morceaux, dit l'Ethnologue. Personne ne croit plus à ce qu'ils racontent. Ils ont perdu toute légitimité. C'est l'Etat total, mais version Brejnev. Pesé, compté, divisé. J'en reviens à la phrase de Clausewitz**, dit l'...: "La forme défensive de la guerre n'est (…) pas un simple bouclier, mais un bouclier formé de coups habilement donnés". Il parle de coups. Parfois cela s'impose, parfois au contraire non, dit l'Ethnologue. C'est très variable. Il faut être économe de ses forces. Ce système, je le pense, s'effondrera de lui-même. Rien ne presse.

* Hérodote, Histoires, Livre IV.
** Voir "L'autre non", 31 juillet 2016.



11/21/2016

Angoissant

On l'a relevé l'autre jour*, dit l'Ethnologue: seuls 2 % des gens n'ont pas de téléphone portable. 2 %, en un sens, c'est très peu. Qu'est-ce que c'est, 2 % ? Mais, pour les dirigeants, c'est beaucoup: beaucoup trop, en fait. 2 % des gens sans téléphone portable, c'est aussi 2 % des gens non traçables. On ne sait ni où ils sont, ni avec qui ils sont. Ni non plus ce qu'ils font. Un véritable trou noir. C'est très angoissant. Dès lors, que faire? Une solution s'esquisse. Les gens qui n'ont pas de téléphone portable ont, en revanche, tous un fixe. Justement, parlons du fixe. Vous aurez remarqué le récent basculement de l'analogique vers le numérique. Chacun sait que le numérique est beaucoup moins fiable que l'analogique. Il coûte, il est vrai, aussi moins cher. A un moment donné, on dira: le fixe, aujourd'hui, c'est fini. Oublions le fixe. Il y a trop de pannes. Tout le monde, dès lors, sera obligé d'acquérir un portable. Ce pourrait être une solution. Et même astucieuse. Sauf, si l'on y réfléchit, que ce n'en est pas vraiment une. Car il y aura toujours quelqu'un pour se dire: tant pis, je me passerai désormais de téléphone. Il y a deux cent ans, les gens s'en passaient bien. Je ré-apprendrai à m'en passer. Pour les dirigeants, il n'est même pas pensable que quelqu'un puisse aujourd'hui se passer de téléphone. A mon avis, ils se trompent. Ils sous-estiment les capacités de résistance de l'être humain.

* Voir "Une bonne chose", 29 septembre 2016.

11/08/2016

Suivent

Dans son livre, L'insécurité du territoire, paru il y a une quarantaine d'années*, Paul Virilio rappelait que le Christ était "mort sous le coup d'une seule accusation, ennemi de l'Etat", dit l'Ethnologue: pour cela et rien d'autre. Cette remarque retient l'attention. Elle signifie, en particulier, qu'on ne saurait, purement et simplement, confondre le christianisme avec les églises. Le christianisme est une chose, les églises une autre. A la limite, même, les églises n'ont rien à voir avec le christianisme. Les églises, on le sait, ont toujours servi l'Etat avec zèle. On peut même, si l'on y tient, remonter à St Paul: omnis potestas a deo. Depuis longtemps, le pli est pris. C'est l'union du trône et de l'autel. Sauf que le trône, entre-temps, s'est beaucoup transformé (en même temps que redimensionné). A l'ancien Etat-nation territorial (Gott mit uns), aujourd'hui tombé en obsolescence, s'est substitué l'Etat planétaire total, avec ouverture des frontières, chômage de masse et espionnage généralisé. Les territoires encaissent, après nous le déluge. Autre différence encore, les valeurs. N'oublions pas les valeurs. Les églises s'essoufflent à suivre, mais suivent. Voyez les déclarations du pape. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que les pratiques s'effondrent, comme on le voit aujourd'hui. A terme, effectivement, les églises sont promises à disparition**. Les populations trahies, très logiquement, leur tournent le dos. Mais je parle ici des églises. La mort du Christ, elle, est toujours d'actualité.

* Stock, 1976 (1ère édition); Galilée, 1994 (2e édition).
** Voir "C'est pas son truc", 7 novembre 2016.






11/07/2016

C'est pas son truc

J'ai écouté hier le culte à la radio, dit l'Auditrice. Je comprends mieux maintenant ce que veut dire l'Ethnologue, quand il dit que les églises, aujourd'hui, sont promises à une fin prochaine. Le plus impressionnant encore, c'est le zèle qu'elles-mêmes mettent à accélérer encore le rythme. On a d'abord eu droit à du Gospel. En soi, déjà, un bon accélérateur. Puis l'un des deux pasteurs a dit (car ils étaient deux, un homme et une femme): "Les conventions, on s'en balance". On s'en balance, soit. Mais par quoi, alors, les remplacera-t-on ? Si je vous réponds: par un certain nombre de clichés, de redites usées et d'idées toutes faites, vous ne serez, je pense, pas outre mesure surpris. J'ai relevé en particulier cette perle (ça, c'est la femme): grâce à Internet, a-t-elle articulé, les gens savent aujourd'hui beaucoup plus de choses que n'en savaient leurs parents. C'est vrai que quand on écoute un peu les gens autour de soi (dans la rue, au boulot, etc.), on est frappé par l'étendue de leurs connaissances. Ne parlons pas même de la richesse de leur conversation. La même en a appelé ensuite à l'ouverture: il faut s'ouvrir aux "nouvelles spiritualités", a-t-elle proclamé: danse, yoga, soufisme, etc. Ils disaient déjà ça en mai 68. Bref, je pense, ça va maintenant aller très vite. A un moment donné, l'un des deux a lâché (l'homme, je crois): "Les raccourcis, c'est pas son truc, à Jésus". A lui en revanche, oui, je pense. Un raccourci vers la fin.