10/15/2019

La retourner (2)

Et ainsi de suite, dit l'Ecolière. Un dernier exemple: leurs cris d'orfraie à l'annonce du prix Nobel de littérature 2019, auteur auquel ils ne cessent de reprocher depuis vingt ans d'avoir, à l'époque, assisté aux obsèques de l'ancien président serbe Milosevic, retrouvé un jour mort dans sa cellule du ... à ... Il n'aurait pas dû. Très vite l'homme de lettres s'est retrouvé mis au ban de la société. On a cessé de l'inviter dans les médias. Ses pièces ont  été déprogrammées de certains théâtres. Etc. Là encore, on prend le récit officiel et on le retourne. C'est relativement simple comme opération. A force de la répéter, elle finit par devenir automatique. On n'y pense même plus. Chaque fois que les dirigeants disent quelque chose, en quelque domaine que ce soit, on sait d'avance que c'est le contraire qui est vrai. Ou encore, vous voyez quelqu'un que les médias officiels montrent du doigt en le traitant en pestiféré. Vous vous dites tout de suite, sans même avoir besoin de réfléchir, que c'est forcément quelqu'un de très bien. Il en va de même de certaines condamnations en justice. On les présente comme honteuses, alors qu'elles sont au contraire particulièrement honorables. Il faut être fier d'avoir été condamné par certains juges ..., ..., ou les deux à la fois. En vérité, ce sont ces derniers qui devraient figurer au tableau noir de la honte.