6/15/2018

Bien-aimés

Ce n'était, à l'origine, qu'une petite scène ouverte, comme il en existe un certain nombre d'autres en ..., dit l'Auditrice: une petite zone de non-droit. Mais avec les années elle s'est étendue à la ville dans son ensemble*. Juste une remarque. Te viendrait-il seulement à l'esprit de dire que cette scène ouverte serait une suite normale et logique de l'actuelle politique d'..., celle voulue et mise en oeuvre depuis je ne sais plus quand par nos dirigeants bien-aimés? Allons même plus loin: un très bon abrégé: Dope-City comme métonymie? Tu le penses, peut-être. Mais le dire? Les gens ont une famille, un emploi, etc. Bref, ils enfouissent tout cela en eux. Sauf que les dirigeants eux-mêmes sont parfois amenés à dire ce qu'ils interdisent aux autres de dire. Pas directement, certes, mais indirectement. Par exemple: "Si vous critiquez cette scène ouverte, c'est nécessairement aussi que vous nourrissez de coupables pensées à l'endroit de nos petits chéris: nos sacro-saints petits chéris. Autrement, vous ne le feriez pas. Vous êtes des ..., de sales ..." Ont-ils complètement tort en le disant? Ce n'est peut-être pas le plus important. L'important, c'est que, lorsqu'ils le disent, ils disent aussi ce qu'il est par ailleurs interdit de dire. Non pas, il est vrai: "je les nourris", mais: "un tel (qu'ils désignent rituellement à la vindicte publique) le fait". On ne savait pas que cela pouvait seulement exister. Maintenant hélas, oui, on le sait. C'est très préoccupant.

* Cf. "On ne le voit plus", 10 mai 2009.

6/01/2018

Tu verras

Petit résumé, dit le Nourrisson. Cet élu est sous enquête depuis maintenant près d'un an. Motif (je cite): "obtention d'avantages indus". On ignore s'il y a eu ou non des contreparties, certains pensent que non. Et si oui, lesquelles. C'est sa propre police à lui, celle placée sous ses ordres, qui est chargée de l'enquête. Tu me diras que c'est impossible. Comme c'est la réalité, c'est forcément aussi possible. Jusqu'au mois dernier, personne n'était au courant de rien. Black-out total. Ils attendaient que les élections soient passées. Les élections sont maintenant passées, et donc les choses sortent. Mais ils s'en fichent. Comme quoi, quand ils le veulent bien, ils sont tout à fait capables de respecter le secret de fonction, dit l'Avocate. Tu découvres la vie, mon bébé: c'est bien. Tu verras, le monde est plein d'autres merveilles significatives de ce genre. Hier, c'était leur prestation de serment à la ..., dit le Nourrisson. Ils étaient tous là, je te tiens, tu me tiens, etc. Cérémonie sous haute surveillance, des flics partout. A la fin, ils ont chanté le... C'est ce qu'on appelle une république ..., dit l'Avocate. Retiens bien l'expression. Et tout cela au grand jour, dit le Nourrisson. Ils ne prennent même plus la peine de se cacher. Pourquoi en prendraient-ils la peine, dit l'Avocate? Pour qu'ils y songent seulement, il faudrait qu'ils risquent quelque chose. Dis-moi un peu ce qu'ils risquent.