11/20/2017

Culture

Les féministes officielles, mes amies, ont inventé cette expression: la "culture du viol", dit l'Avocate. Je ne dis pas qu'elles aient tort. Cette culture existe bel et bien, elle n'a rien en elle-même d'imaginaire. Sauf que, contrairement à ce qu'elles prétendent, cette culture n'est pas endogène, mais exogène. C'est une culture d'importation. D'importation récente, d'ailleurs. Il y a trente ou quarante ans, personne ne parlait de ces choses. Je ne dis pas qu'il n'y avait pas de problèmes. Mais à ce point, non. C'est le mot culture qui me chiffonne, dit l'Ecolière. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Prends le Frère, dit l'Avocate. Il est favorable, comme tu le sais, à un moratoire dans l'application des textes sur la lapidation des femmes. C'est très important, les textes. Ils justifient ce qui se passe, te donnent ainsi bonne conscience. Ce sont des occupants, dit l'Ecolière. Les occupants n'ont que rarement très mauvaise conscience. Tous les occupants ne disent pas que le témoignage d'une femme ne vaut que la moitié de celui d'un homme, dit l'Avocate. C'est l'idéologue qui ferait le violeur, dit l'Ecolière? L'idéologie est logique de l'idée, dit l'Avocate. Le propre de l'idéologue, c'est d'aller jusqu'au bout de ses idées. C'est ce qu'on voit aujourd'hui. En fait, qu'on sent. C'est l'air qu'on respire.











11/07/2017

Au haut de l'échelle

C'est comme quand ils disent que ces pays sont des démocraties, dit l'Avocate. Ces pays ne sont évidemment pas des démocraties, ce sont des dictatures. A géométrie variable, il est vrai. Mais des dictatures quand même. Sur une échelle du plus ou moins, certains s'inscriraient tout au haut de l'échelle, d'autres, peut-être, un peu plus bas. Mais un peu seulement. On se fait très mal voir aujourd'hui en disant ces choses. Mais elles n'en reflètent pas moins la réalité. Voyez le verrouillage des médias, les atteintes grandissantes au droit à la liberté d'expression, etc. Sur certains sujets, la censure est aujourd'hui totale. Partout, également, la justice est politisée. Ce qui se passe en Espagne n'est pas, à cet égard, particulier à l'Espagne. C'est le mode de fonctionnement normal de la justice, aujourd'hui, en Europe. Le numérique aidant, l'Etat s'est par ailleurs transformée en "oeil absolu"*, cherchant à tout voir, jusqu'aux pensées les plus intimes. Tout le monde, aujourd'hui, est fiché, étiqueté, tracé (enfin, presque tout le monde). On assiste, en parallèle, à la montée en puissance des services spéciaux, qui, comme aux Etats-Unis, sont aujourd'hui, de fait, le pouvoir décisionnel. Les étapes suivantes sont d'ores et déjà programmées : suppression de la monnaie fiduciaire, confiscation de l'épargne privée, restrictions à la liberté de déplacement (en particulier hors des villes), etc. Et les élections, objectera-t-on? Dans une dictature il y a toujours des élections. Elles aident au bon fonctionnement du système.

* Gérard Wajcmann, L'oeil absolu, Denoël, 2010.






11/03/2017

Se rapprocher

Ils aiment se revendiquer de l'Etat de droit, dit l'Avocate. C'est leur air favori. L'Espagne est un Etat de droit, mais aussi la France, la Suisse, l'Allemagne, etc. Même Erdogan s'en revendique. Non complètement à tort, je pense. Si les pays que je viens de citer sont des Etats de droit, pourquoi Erdogan ne s'en revendiquerait-il pas? Je précise ma pensée. On dit volontiers qu'Erdogan est en train de s'éloigner de l'Europe. C'est peut-être l'impression qu'il donne, mais elle est erronée. Car en même temps qu'Erdogan s'éloigne de l'Europe, l'Europe, elle, dépense beaucoup d'énergie pour se rapprocher du même Erdogan: lui courir après, en fait. Voyez, en France, les lois dites antiterroristes (je dis "dites", car tout le monde, en réalité, sait à quoi elles servent, contre qui elles sont dirigées). Il est beau, leur Etat de droit. Et l'Espagne, justement. Là, soyons clairs. Jamais, au grand jamais, la police espagnole n'a eu recours à la torture pour faire parler les prisonniers de l'ETA, leur extorquer de faux aveux, etc. C'est pure calomnie que de le prétendre. Calomnie aussi que de dire que le gouvernement suisse en prend souvent à son aise avec sa propre constitution, qu'il interprète comme bon lui semble, quand il ne l'ignore pas purement et simplement. Ne parlons pas même de la commission de Bruxelles, qui vient de décider la mise en vigueur de la CETA, le traité de libre-échange avec le Canada, avant même que ledit traité n'ait été ratifié. Que, dès lors, le président catalan soit condamné à trente ans de prison pour n'avoir rien fait d'autre qu'exécuter le mandat que lui avaient confié les électeurs apparaît on ne peut plus normal.







 

11/01/2017

Objection

Comme tu le sais, je déconseille aujourd'hui tout recours au droit de résistance, dit l'Avocate. Ce n'est pas que je le considérerais comme illégitime. Assurément non. Il se légitime aujourd'hui pleinement. Mais les risques qu'il comporte sont trop grands. On se doit de penser aussi à soi. On pourrait retourner l'argument, dit l'Ecolière. Regarde ce qui se passe aujourd'hui en Catalogne. Le président catalan aurait pu en appeler au droit de résistance, il ne l'a pas fait. Il a même renoncé à en appeler à la désobéissance civile. Il aurait été légitimé, pourtant, à le faire. N'avait-il pas été régulièrement élu par ses concitoyens? Résultat, l'Etat total l'accuse aujourd'hui de "sédition", il veut le mettre en prison pour trente ans. Les habituels juges politiques sortent de leur boîte, ils arrêtent tout le monde, etc. Comment n'en tirerait-on pas certaines conclusions? C'est vrai, dit l'Avocate. Dans la nuit toutes les vaches sont noires. Les mots "sédition", "terrorisme", etc. ne veulent plus rien dire. Je te l'accorde. Je sais très bien aussi ce qu'est l'Etat total, de quoi il est capable. On en a ici une illustration. Mais je maintiens ma position. Tu dis que ce type a été régulièrement élu par ses concitoyens. Il faut être très bête aujourd'hui pour se présenter aux élections. S'il ne s'était pas présenté aux élections, il n'en serait pas là maintenant. Si l'on ne peut même plus aujourd'hui se présenter aux élections, dit l'Ecolière. Je réponds à ton objection, dit l'Avocate.