9/18/2010

Dix jours

Comment ne penserait-on pas ici au livre d'Ernst Jünger, dit le Double: Der Waldgänger*Sauf qu'en l'occurrence, ils ont fini par l'attraper, dit l'Etudiante. Ils l'ont même mis sous neuroleptiques. C'est la règle dans ces cas-là, dit l'Avocate. Elle ne souffre aucune dérogation. On peut très bien vivre dix jours en forêt, dit le Colonel. Ce n'est pas en soi un problème. Un mois c'est déjà plus compliqué. Trois mois, il y faut un sérieux entraînement. Un an, seuls peuvent y prétendre les professionnels. Mais c'est possible. On connaît ainsi le cas d'un Tchèque qui a survécu quatre ans durant dans ces conditions. C'était à l'époque ...

Traduction française: Traité du rebelle ou le recours aux forêts, in Essai sur l'homme et le temps, Christian Bourgois, 1970.








9/14/2010

Sui juris

Tiens, une nouvelle chasse à l'homme, dit l'Etudiante: plus de mille policiers ont été mobilisés, parmi eux des tireurs d'élite. En règle générale, les gens se laissent faire, dit le Cuisinier. Ils attendent tranquillement que la police viennent les embarquer, se saisir de leur personne. Là, apparemment, non: il n'a pas attendu. Il ne s'est pas laissé faire. Etrange. Elargissons le problème, dit l'Ethnologue. La raison d'être de l'Etat, c'est la protection d'un certain nombre de biens: en gros ta vie, ta liberté, ce qu'il te faut pour vivre, etc. Si l'Etat ne remplit plus sa mission dans ce domaine, à plus forte raison encore en vient à constituer lui-même une menace pour l'individu, précisons-le quand même: une menace grave, ce qui, il est vrai, se produit parfois, l'Etat perd alors toute légitimité. Le contrat social est caduc, chacun redevient sui juris, en d'autres termes récupère ses droits originels, ceux qu'il possédait dans l'état de nature. Faut-il le dire, cela inclut le droit à l'autodéfense. Certains dignitaires changent de domicile tous les soirs, dit l'Etudiante. Ils craignent pour leur sécurité. C'est bien ce que je dis, dit l'Ethnologue.