Tous les dimanches ou presque, comme vous le savez, je vais au temple ou à la messe, dit l'Etudiante*. Je pars de l'idée que cela ne peut pas me faire de mal. Et parfois c'est intéressant. Ce dimanche, donc, j'étais au temple. De qui ou quoi ont-ils parlé? De M..., bien sûr. On en avait parlé toute la semaine, autant continuer. Il y a d'abord eu la confession des péchés. L'officiant a demandé pardon pour tous les crimes commis à l'encontre de M... Mea culpa, mea maxima culpa. J'ai regardé autour de moi, les gens baissaient la tête d'un air contrit. Leur eût-on dit qu'ils n'avaient commis aucun crime, ils se seraient assurément fâchés. Bien sûr que nous en avons commis, des crimes, qu'est-ce que vous croyez: beaucoup de crimes, même. Et quels crimes. Vous aussi, d'ailleurs. L'officiant a ensuite cité Esaïe: les aveugles voient, les sourds entendent, etc. Autrefois nous étions aveugles, nous ne voyions rien. Mais grâce à M..., les écailles nous sont tombées des yeux. Etc. En l'écoutant, je me disais: tous ces gens, lorsqu'on les cuisine un peu, reconnaissent sans peine que, par le passé, les églises n'ont pas toujours été très nettes dans leurs rapports avec les pouvoirs en place. Aujourd'hui encore elles en subissent les conséquences. Or eux-mêmes, comment se comportent-ils ? Un membre de la suprasociété locale est ensuite monté en chaire pour lire un "hommage à M..." Là, j'en ai eu marre, je me suis tirée.
* Voir "1 dimanche sur 2", 2 août 2007.