12/14/2013

De telles listes

La France extrade ses propres nationaux vers l'Espagne, mais on peut faire mieux encore, dit l'Avocate. La Suisse ne vient-elle pas de livrer aux Américains les noms de plusieurs milliers de ses ressortissants, des gens, justement, dont les Américains, ne connaissaient pas les noms? Ils ne les connaissaient pas, mais souhaitaient néanmoins les connaître, histoire de régler quelques vieux comptes (accessoirement aussi de se renflouer financièrement, leurs guerres à répétition les ayant mis en situation délicate en ce domaine: les caisses sont vides). That's an order: ces noms, et tout de suite. Yes Sir, immediately*. Et donc, dit l'Etudiante? De telles listes sont bien sûr secrètes, dit l'Avocate. Tu dénonces ton voisin, mais tu ne vas évidemment pas lui dire que tu l'as dénoncé. Tu gardes cela pour toi. Mettons donc que ton voisin profite de ses vacances pour franchir la frontière. En règle générale, tout se passe très bien, le voisin rentre chez lui sain et sauf, avec plein de belles histoires à raconter. Mais ce n'est pas toujours le cas. Parfois aussi le voyage se termine au goulag. Comment cela, au goulag, dit l'Etudiante? Je voulais dire, dans un pénitencier américain, dit l'Avocate. Tu sais à quoi ressemble un pénitencier américain. Bref, si je comprends bien, les Etats n'ont même plus besoin aujourd'hui d'extrader leurs ressortissants, dit l'Etudiante: ils s'extradent tout seuls. D'une certaine manière, dit l'Avocate.

* Voir "Etat d'âme", 17 août 2012.