7/05/2017

Logiciel

A ton avis, pourquoi exhument-ils cette très ancienne histoire, dit l'Ecolière? Juste pour faire peur aux gens? Leur montrer qu'on ne les oublie pas? Qu'on les retrouvera toujours? En plus, comme tu le vois, ils ne lésinent pas sur les moyens. En heures de travail, je ne sais pas combien ça fait: au bas mot plusieurs milliers (voire dizaines de milliers). Alors même, en permanence, qu'ils se plaignent de manquer de tout*. Les pauvres. On voit aujourd'hui où sont les priorités. Ecris à la Cour des comptes, dit l'Avocate. Elle se fendra peut-être d'un rapport. Et donc, 32 ans après les faits, ils interrogent les gens sur leur emploi du temps, dit l'Ecolière. Vous faisiez quoi tel jour à telle heure? Et la veille, il y a 32 ans? L'avant-veille? Tu trouves cela normal? Ils ont un logiciel, dit l'Avocate. Mais ne savent pas encore très bien s'en servir. Ceci explique peut-être cela. Il y a un mode d'emploi, mais il est écrit en anglais. Un logiciel pour quoi faire, dit l'Ecolière? Pour savoir, justement, quoi faire, dit l'Avocate. Et après, dit l'Ecolière? Cette histoire leur sert de laboratoire, dit l'Avocate. Ils apprennent. Si l'expérience s'avère concluante, ils l'élargiront ensuite à d'autres domaines. C'est en lien avec l'état d'urgence, dit l'Ecolière? Tiens, je n'y avais pas pensé, dit l'Avocate. Des gens font des malaises, dit l'Ecolière. On doit les transporter à l'hôpital. D'autres encore se suicident. Ca aussi, ça fait partie de l'expérience, dit l'Avocate.

* Le Figaro, 5 juillet 2017, p. 10.