12/18/2016

Résistance

Chez Hobbes, les gens échangent leur liberté originelle contre une promesse de sécurité, dit l'Ethnologue. L'Etat promet aux citoyens de les protéger, en contrepartie de quoi ces derniers renoncent à certaines de leurs libertés. Qu'en est-il de nos jours? On pourrait résumer la situation en disant que les gens n'ont aujourd'hui ni liberté, ni sécurité. Ni liberté: je ne vais pas vous faire un dessin. Dites-moi un peu ce que vous avez encore le droit de faire aujourd'hui. Et même de dire. Qu'est-ce qui n'est pas interdit? Ni sécurité: c'est ce que nous venons de voir. La conséquence en est que le pacte hobbien est aujourd'hui vidé de toute substance: caduc, en fait. Et donc, aussi, on est tout à fait légitimé à ne plus obéir à l'Etat. On continue à le faire parce qu'on y est contraint, mais ce n'est là, justement, que l'effet de la contrainte. Sitôt qu'on peut lui désobéir impunément, on ne s'en prive d'ailleurs pas. On est dans un rapport de force. L'Etat ne défend même plus aujourd'hui les frontières. Au nom de quoi, dès lors, continuerait-on à lui obéir? A la limite, même, lui désobéir devient un devoir: le devoir de désobéissance (et, au-delà encore, de résistance: article 35 de la Déclaration des droits de 1793). Bref, si je comprends bien, l'Etat total est par là-même aussi l'ennemi total, dit l'Ecolière. Tu ne choisis pas ton ennemi, dit l'Ethnologue, c'est lui qui te choisit.