4/13/2013

Excellente journée

C'est vrai, dit l'Avocate. Il pourrait très bien se faire, un beau matin, que nous parviennent ces mots ailés: "Chers concitoyennes, chers concitoyens, vos avoirs, au cours de la nuit, ont été amputés de 50, 60, voire 80 %. Cette décision, soyez-en certains, n'a pas été facile à prendre, mais nous l'avons prise pour assurer le maintien indispensable de nos super-salaires, prébendes, retraites dorées, indemnités de fonction, rentes de situation: les nôtres propres, mais aussi ceux des bureaucrates dont, jusqu'ici au moins, l'impôt assurait l'auto-épanouissement harmonieux (maintenant, il est vrai, cela ne suffit plus). Il nous fallait également, comme vous le savez, régler l'arriéré de solde de nos valeureux mercenaires (que d'autres, assurément malintentionnés, ont surnommés nos "petits chéris"): on pourrait craindre autrement qu'ils ne se révoltent. Merci pour votre compréhension, et excellente journée à tous." C'est tout à fait envisageable. Que faire, dit le Collégien? D'abord, ne pas avoir de comptes, dit l'Avocate. Comme ça tu es sûr qu'ils ne seront pas amputés. Je pense ici surtout aux comptes déclarés. Les autres, cela dépend. Rien, a priori, ne t'empêcherait d'avoir un compte non déclaré. C'est tout à fait possible. Mais il faudrait éviter alors de le mettre dans un paradis fiscal: car de tels paradis, aujourd'hui, n'existent plus (au moins pour des gens comme toi et moi: pour certaines multinationales c'est différent). Où donc, dans ces conditions, dit le Collégien? Tu serais surpris d'apprendre ce que, parfois, les gens cachent dans leur appartement, dit l'Avocate. Ou s'ils en ont un dans leur jardin. Adresse-toi à un intermédiaire.