4/02/2017

Se plaignent

J'entends souvent dire: les médias sont verrouillés, ils ne laissent rien filtrer, dit le Collégien. C'est peut-être vrai, je ne sais pas. Mais de temps à autre, quand même, certaines choses se disent. En fait, tout se dit. Par bribes et morceaux, certes, mais il est aisé, ensuite, de reconstituer le puzzle. Le cerveau humain est relativement bien outillé pour cela. La corruption. L'hyperclasse. Les princes-esclaves. Leurs mégabases de données enfouies dans des sous-sols de casernes. La justice en renfort. Les accords de libre-échange. La concurrence obligatoire. La paupérisation à marche forcée. "Apprendre à vivre avec le terrorisme". Que sais-je encore. Tout cela est public. Bon, dit le Colonel: et alors ? Les gens ne peuvent pas dire qu'ils ne savent pas, dit le Collégien. 2017 n'est pas 1789, dit le Colonel. Les gens, aujourd'hui, préfèrent ne pas prendre de risques. Ils n'ont peut-être pas tort. Soit, dit le Collégien. Mais il ne faut pas ensuite qu'ils se plaignent. Parce que, d'après toi, ils se plaignent, dit le Colonel? Un peu quand même, dit le Collégien. Très peu, dit le Colonel. Enfin, à mon avis. Ce que j'appelle se plaindre. C'est vrai que quand on se plaint, on prend déjà des risques, dit le Collégien. Ce qui compte, ce n'est pas de prendre des risques, dit le Colonel. A quoi ça sert. Ce qui compte, c'est de faire les choses. On peut très bien les faire sans prendre de risques. Et je vais te dire: on les fait beaucoup mieux.