7/15/2015

Choisie

C'est intéressant comme texte, dit l'Ethnologue*. Il remet bien les choses en perspective. L'auteur relève d'abord que ce qui vient de se passer (la capitulation de la Grèce devant la "finance globale") est symptomatique de la fin de la démocratie. La fin de la démocratie ne date pas d'hier, c'est une réalité déjà ancienne. Mais ce qui vient de se passer en offre un condensé synthétique: la partie pour le tout. On sait désormais dans quel monde on vit, à qui, également, on a affaire (si on ne le savait déjà). L'auteur aborde ensuite un point important. Il dit que le peuple ne parvient à s'imposer face à la finance globale que s'il accepte de mener une vie frugale. Autrement dit, les gens ne peuvent à la fois avoir la liberté et le luxe. Soit ils ont la liberté sans le luxe, soit le luxe sans la liberté. Personnellement, je dirais que les gens n'ont aujourd'hui ni la liberté, ni le luxe. De plus en plus, également, un certain nombre de biens nécessaires leur font défaut. C'est ce qu'on appelle la misère. Mais la frugalité n'est pas la misère. Elle l'est si peu qu'elle est en fait une alternative à la misère. Il faudrait ici développer. Contrairement à la misère, qui est quelque chose que l'on subit, la frugalité n'est pas subie mais choisie. Personne ne nous l'impose, c'est nous-mêmes, délibérément, qui choisissons de mener une vie frugale. C'est un choix de vie. Moins consommer (mais mieux), ne jamais s'endetter, autant que possible viser à l'autonomie, non seulement cela n'a rien à voir avec la misère, mais, bien souvent, justement, c'est ce qui nous permet d'échapper à la misère. A quel point la finance globale apprécie, je vous laisse imaginer.

* Bernard Wicht, "Echec du peuple face à la finance globale", L'AGEFI, 15 juillet 2015.