10/27/2007

Autocritique

Comme c'était à prévoir, l'Usurpateur vient de remporter les élections, dit le Sceptique. Ca n'a naturellement aucune importance, tout reste évidemment sous contrôle. Mais les dirigeants n'en emplissent pas moins l'air de leurs cris et gémissements. On croirait qu'on les égorge. En soi déjà ça fait plaisir. Il faudrait répéter plus souvent l'exercice. Dans le même contexte, dit l'Auditrice, le Secrétaire à l'Emission a présenté hier son autocritique. L'Emission, a-t-il reconnu, a beaucoup trop parlé de l'Usurpateur ces dernières semaines. Elle lui a également beaucoup trop souvent donné la parole. Beaucoup moins assurément qu'aux autres, mais c'était encore trop. On ne l'a pas non plus assez interrompu quand il prenait la parole: on ne s'est, certes, pas fait faute de l'interrompre, mais c'était trop peu encore. Pas assez souvent. Le Secrétaire s'est donc excusé auprès de la population. Il admet ses erreurs, et a promis de faire en sorte qu'elles ne se reproduisent plus. Sans remettre en cause la liberté de l'information, base de notre démocratie, il a fait part de son intention de renforcer encore à l'avenir les mécanismes d'autocontrôle d'ores et déjà en vigueur au sein de l'institution. L'Activiste a été chargé d'une mission spéciale dans ce domaine. Il sera assisté d'une commission d'Ethique et de Déontologie incluant le Politologue, le Génie modifié, Très-dans-la-ligne, Très-dans-le-vent et Suivons-le-mouvement. En outre, des observateurs de l'ONU, de l'OTAN et de l'OSCE lui feront régulièrement part de leurs remarques et recommandations. Je suis loin d'être toujours d'accord avec l'Usurpateur, dit l'Ethnologue. En bien des domaines il se trompe (l'écologie par exemple). Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'il les gêne.