12/27/2006

Là c'est différent

A quoi bon, dit l'Etudiante? Tu en supprimes un, immédiatement un autre le remplace. Ils sont interchangeables. C'est l'hydre aux cent têtes. Certes, dit le Philosophe. Mais tu le fais quand même. Tu le fais parce que tu dois le faire. Cela relève de l'impératif catégorique. Vous parlez de quoi au juste, dit le Policier? De choses et d'autres, dit le Philosophe. Et donc, dit l'Etudiante? Le reste, ils ne s'en préoccupent pas trop, dit le Philosophe. A vrai dire ils s'en fichent. Au besoin, même, ils participent. Ce n'est pas en vain qu'on les compare, parfois, à des pompiers-pyromanes. L'incendie même qu'ils prétendent combattre, ils s'emploient à l'attiser. Qui plus est, s'ils l'attisent, c'est par les moyens même par lesquels ils feignent de le combattre (leurs prétendues lois sur la sécurité intérieure, par exemple, dont le caractère contre-productif a souvent été relevé). Là, en revanche, c'est différent: ils sont directement concernés. Regarde un peu leurs bunkers, c'est impressionnant. Fais aussi le compte des personnels attachés à leur sécurité: c'est l'équivalent de plusieurs corps d'armée. Même Hitler et Staline n'étaient pas protégés comme ils le sont. Te faut-il aussi un descriptif de leurs réunions au sommet? Bref, on ne plaisante plus. Je ne dirais pas qu'ils en perdent le sommeil, non certes. Mais ça leur pourrit la vie. Ils tremblent. Arrête, je vais pleurer, dit l'Avocate.