11/27/2021

Boucs émissaires

La guere civile se décline aussi dans leur communication, dit l'Ethnologue. Soit cet édile, il est en charge de la santé publique, mais aussi (ça ne s'invente pas) de la police: les deux. Voilà ce qu'il déclarait l'autre jour à la radio (22/11). Il parlait des personnes qui refusent de se faire vacciner : "(Elles) font prendre des risques à toute la société et la prennent en otage", articulait-il. Il n'y a bien sûr ici aucun appel à la haine ni à la discrimination. Aucune mise en place non plus d'un mécanisme s'apparentant, même de loin, à une chasse au bouc émissaire. On sait à quoi servent les boucs émissaires. René Girard le résume en quelques mots: "L'antagonisme de chacun contre chacun fait place à l'union de tous contre un seul" (La violence et le sacré, Grasset, 1974, p. 116). Ce n'est pas du tout ici le sujet. Cet officiel ne cherche pas non plus à rejeter sur d'autres les fautes imputables aux autorités elles-mêmes dans la gestion de la maladie, avec à la clé une situation ne cessant de jour en jour de se dégrader, sans bien sûr que cela ne découle en rien de leur décision, scientifiquement on ne peut mieux étayée, de privilégier la vaccination universelle et à terme obligatoire en tant qu'instrument de lutte contre la maladie. Car, nul ne l'ignore, seules les personnes non-vaccinées sont contaminantes, non les autres. Bref, chacun voit bien qui fait prendre des risques aux autres. Comme aussi qui prend réellement les autres en otage. C'est le chef de la police, il sait donc de quoi il parle.