7/06/2026
Pulsion de mort
Jusqu'ici j'étais dans le doute, dit l'Ethnologue. Je ne savais trop comment interpréter la situation. Dieu, qu'ils sont bêtes, me disais-je. Bêtes et stupides. Ou encore, certains d'entre eux au moins, tout simplement fous. Ils ne se rendent compte de rien. Avec leurs provocations incessantes, qui plus est allant crescendo, ils nous mènent droit à l'abîme: sauf qu'ils n'en ont absolument pas conscience. C'est ce que je pensais. Mais je pense maintenant autrement. Ils en ont, en fait, complètement conscience. C'est exactement ça qu'ils veulent: ça et rien d'autre. Se pose alors la question du pourquoi. En première approche, on pourrait dire que la guerre est pour eux un moyen d'échapper aux difficultés de l'heure, celles qu'ils se sont à eux-mêmes créées au fil des décennies. La guerre, comme solution à tous les problèmes. Au passage, on instaure la loi martiale, on supprime toutes les libertés (ou ce qu'il en reste), on confisque les avoirs, etc. C'est assez classique comme démarche. Mais une autre explication est encore possible, elle est d'ordre culturel. Vous connaissez la formule méphistophélique: Ich bin der Geist der stets veneint. Je suis celui qui toujours nie, ou encore: je détruis pour détruire, et tant pis si, en même temps que je nie ou détruis le monde autour de moi, je me nie ou me détruis moi-même. C'est même très bien ainsi. Vous aurez reconnu la pulsion de mort de Freud. On en a une illustration avec les auteurs d'attentats-suicides, qui accompagnent leurs propres victimes dans la mort. C'est l'épisode du 11 septembre. Or, serait-on tenté de dire, les dirigeants actuels ne fonctionnent pas très différemment. Eux aussi sont des suicidaires: des criminels suicidaires, faudrait-il dire. En ce sens, le 11 septembre a valeur paradigmatique. Il éclaire l'époque dans son ensemble. Sauf qu'on n'en est encore qu'aux préliminaires.