7/06/2024

Contrôle

Cela ressemble assez à une purge, dit l'Auditrice. Deux généraux viennent d'être limogés, et non des moindres. L'un d'eux était attaché militaire à ... Ils auraient soi-disant échoué à un contrôle de sécurité: tu parles. Et donc la police secrète d'Etat leur a retiré leur "habilitation de sécurité". D'après toi, qu'est-ce qu'il y a derrière? Le contrôle de sécurité n'est bien sûr qu'un prétexte. Première chose, la police secrète d'Etat, ce sont les Etasuniens, dit le Colonel. Elle est entièrement entre leurs mains. A travers elle, ils contrôlent l'Etat et le cas échéant aussi les individus. A l'évidence, ces deux-là ont dit ou fait quelque chose qui leur a déplu. Quoi au juste, on peut émettre quelques hypothèses. Tous les militaires n'approuvent pas nécessairement, par exemple, l'actuelle politique d'alignement inconditionnel du pays sur l'OTAN, politique devenue officielle en 2022, à la faveur de la guerre en Ukraine. L'armée est très divisée sur cette question. Beaucoup (non pas peut-être tout en haut, on l'imagine bien, mais juste en dessous) regrettent l'ancienne politique de neutralité armée, aujourd'hui morte et enterrée. Ils acceptent mal d'avoir, au quotidien, à servir les intérêts du maître étasunien, en lieu et place de ceux du pays lui-même. C'est probablement ça la raison. Mais évidemment tu ne peux pas le dire comme ça. Il faut une petite mise en scène. Tu organises donc un contrôle de sécurité (ou fais semblant). Les régimes totalitaires sont coutumiers de ce genre de pratiques. Elles relèvent du terrorisme. Rêvons un peu maintenant. A ton avis, que se passerait-il si les contrôleurs en question (et leurs donneurs d'ordres directs: on ne va pas ici donner de noms) étaient eux-mêmes soumis à un contrôle de sécurité, mais un pour de bon, un vrai? On entrerait un peu aussi dans les détails. Imagine.