11/09/2006

Un vrai plaisir

Si encore elle était intelligente, dit l'Avocate. Mais ce n'est même pas le cas. Lors de son entrée en fonction, en 1999, elle avait publiquement reconnu que "les Etats-Unis l'avaient auparavant mise à l'épreuve". En soi ce n'était pas une révélation. On n'avait pas attendu qu'elle le dise pour le savoir. Tout le monde le savait depuis longtemps. Cela étant, c'est gentil quand même à elle de l'avoir dit. Quelle cruche. Ces gens-là sont souvent pris à leur propre piège, dit l'Ethnologue. Comme ils n'ont rien à dire, mais ne savent pas non plus, comme d'autres, parler pour ne rien dire, nécessairement, à un moment donné, ne serait-ce que pour meubler la conversation, ils finissent par dire des choses qu'ils ne devraient pas dire. En l'occurrence, elle trahit un secret d'Etat. Pour autant, ce n'est pas parce que tu avoues quelque chose, que ce que tu avoues, nécessairement, est vrai. Assez souvent c'est le cas, mais pas toujours. Quantité de gens avouent, par exemple, des crimes qu'ils n'ont jamais commis. Elle dit qu'elle a été mise à l'épreuve, peut-être, en réalité, n'a-t-elle jamais été mise à l'épreuve. Elle invente ça pour se rendre intéressante, par pure vantardise, donc. Ou encore, on y revient, parce qu'elle n'a rien d'autre à dire. Va savoir. Je saute du coq à l'âne, dit l'Ethnologue. L'autre jour, à l'Emission, ils ont invité Jacques Vergès, l'avocat parisien bien connu. Ils voulaient savoir ce qu'il pensait du procès Saddam Hussein. C'est un spécialiste des procès politiques, il a une longue expérience dans ce domaine. Jacques Vergès a donc parlé du procès Saddam Hussein, mais il ne s'est pas arrêté là. Poursuivant sur sa lancée, il s'est permis de faire un parallèle avec cet autre procès, le procès... Ca, ils ne s'y attendaient pas. Ce n'était pas prévu au programme. Tu sentais la bête prise au piège, un vrai plaisir. Ils ont tout de suite arrêté l'interview.